Nourrir convenablement les enfants n'est pas aussi facile qu'on pourrait logiquement le penser, et j'en ai deux qui ne me facilitent pas la tâche.

02 contre 3

 

J'ai compris qu'avec eux, toute une partie du repas se fait selon que l'on présente les aliments d'une certaine façon. Ne pensez surtout pas qu'il s'agit de faire de belles présentations dans l'assiette, non, ça c'est très secondaire. Par contre parler du plat, c'est très important. Par exemple dire " Je suis certaine que vous allez aimer parce que tous les enfants aiment ce que je vous donne aujourdhui", ça compte. Changer les noms, ou donner un joli nom met en appétit.

Aujourd'hui je veux leur proposer un plat contenant des petits pois, des oignons, du poivron et du riz. C'est une sorte de poëlée maison mais si je parle légumes je suis perdue d'avance. Je pense au riz cantonais et je suppose que si je leur dis que j'ai fait "un rizotto japonais" ça va leur plaire.

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À la traditionnelle question : " Qu'est-ce qu'on mange aujourd'hui ? ", je m'empresse de répondre "Ce midi ce sera un très bon riz japonnais". C'est le naufrage, parce que :
- "Je n'aime pas ça. 
- Oui ? Pourquoi ?
- Parce que ce n'est pas français et je n'aime que ce qui est français."


Voilà qui est dit et je me retrouve à côté de l'assiette. Un peu de réflexion, le repas arrive dans une petite demi-heure j'ai donc le temps de changer mon menu. Aussitôt pensé, aussitôt fait. Au moment du repas j'annonce fièrement :

- " J'ai changé d'avis, jai cuisiné un rizotto français, plus exactement un rizotto normand ! "
Je ne sais pas ce qu'il a de normand mon riz, ni même de rizotto en réalité mais il faut bien trouver quelque chose à inventer.

Et devinez le résultat. Le grand mange sans difficulté aucune et la petite enthousiasmée s'écrie : "Il est drôlement BON ton riz mamie".

Ouf heureusement que je n'avais pas mitonné un rizotto japonais.